Longtemps ignorée dans les rayons beauté, la vulve commence enfin à obtenir l’attention qu’elle mérite. Après des décennies de produits standardisés et souvent trop agressifs, une nouvelle génération de soins naturels et bio s’impose, portée par des marques françaises fondées par des femmes qui connaissent le sujet de l’intérieur. Un changement de regard autant que de formule.
Des ingrédients pensés pour une zone particulièrement sensible
La vulve n’est pas une peau comme les autres. Ses muqueuses sont fragiles, son microbiome subtil, et tout ce qu’on y applique peut avoir des répercussions sur l’équilibre intime. C’est ce constat qui a poussé Bethsabée Krivoshey, ex-journaliste spécialisée en sexualité pour Glamour et Vanity Fair, à créer avec son amie Cécilia Capece une marque entièrement dédiée à ce soin : Baubo. Leur produit phare, le Baume Vulve, est formulé à partir d’huiles végétales certifiées bio (coco, avocat, jojoba), d’un macérât de calendula et de cire d’abeille. Sans parfum, sans alcool, sans conservateurs agressifs, il agit comme un film protecteur qui apaise les irritations post-épilation, les frottements ou les inconforts liés aux variations hormonales, sans perturber le pH naturel. Fabriqué en France et testé sous contrôle dermatologique et gynécologique, il s’utilise aussi régulièrement qu’un baume pour les lèvres, mais pour la vulve. La marque propose également un Sérum Intime, plus fluide et pénétrant, conçu pour accompagner les moments de sécheresse liés au stress, à l’allaitement, à la contraception ou à la ménopause.
Un marché en pleine mutation, des femmes qui reprennent la main
Le succès de ce type de produit n’est pas un hasard. En France, le marché de l’hygiène féminine pèse environ 439 millions d’euros et se valorise, même si les volumes reculent légèrement : les femmes achètent moins mais mieux, en privilégiant des formules plus qualitatives. À l’échelle mondiale, le marché des soins intimes féminins représentait 44,31 milliards de dollars en 2024, avec une projection à 76,58 milliards d’ici 2035. Ce mouvement porte un nom dans le secteur : la FemCare. Plus qu’une tendance marketing, c’est une transformation culturelle. Près d’une Française sur trois avoue avoir du mal à parler de ses troubles gynécologiques, et ce chiffre monte à 42 % chez les 18-34 ans, selon une étude YouGov pour Livi publiée en avril 2025. Résultat : beaucoup repoussent des consultations ou n’osent tout simplement pas mettre de mots sur leurs inconforts. Les marques comme Baûbo s’inscrivent dans cette brèche, en proposant des produits qui normalisent la prise en soin de la vulve et en reversant, depuis 2019, 2 % de leurs ventes à Gynécologie Sans Frontières.
Prendre soin de soi intimement, c’est aussi apprendre à choisir les bons ingrédients, à lire les étiquettes et à ne pas appliquer n’importe quoi sur une zone aussi réactive. En cas de troubles persistants, un avis médical reste indispensable. Mais pour le quotidien, une formule bio, sobre et bien choisie peut suffire à changer le confort de beaucoup de journées.

